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Il faut appeler une lampe... Une lampe!

Électricité Québec - Par Mihaï R. Pecingina, ing.

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UN PEU DE TRADUCTION… ET DE RECHERCHE !

J’ai été très impressionné par une lettre signée Willard L. Warren, publiée dans le magazine LD+A du mois de juin 2008. Elle m’a amené devant une allégation inacceptable à mes yeux et contraire à tout ce que j’ai appris jusqu’à aujourd’hui : « Lighting is for occupants, illumination engineering is for things. It's time we stopped and smelled the roses, before we dehumanize the whole profession ». En traduction libre : « L’éclairage est pour les usagers, l’ingénierie de l’éclairage est pour les objets. Il est temps de s’arrêter et de sentir les roses avant de déshumaniser complètement notre métier. » Sans commentaire…

J’ai été frappé par la difficulté de traduire en français illumination engineering. L’ingénierie de l’éclairage ? L’ingénierie de l’illumination ? Comme le temps de l’encyclopédie Larousse est dépassé, j’ai consulté Wikipedia sur le Web. Ni l’une ni l’autre de ces expressions que je souhaitais utiliser ne s’y retrouvait.

POUR UNE DÉFINITION DE « INGÉNIEUR D’ÉCLAIRAGE »

J’ai cherché d’abord « éclairage » :

« L'éclairage est l'ensemble des moyens qui permettent à l'Homme de doter son environnement des conditions de luminosité qu'il estime nécessaires à son activité ou son agrément. »

J’ai continué avec « ingénierie » :

« L'ingénierie désigne l'ensemble des fonctions allant de la conception et des études à la responsabilité de la construction et au contrôle des équipements d'une installation technique ou industrielle. Le terme «ingénierie» est un terme introduit de manière récente dans la langue française où il se substitue parfois au terme «génie» désignant l'art de l'ingénieur. » .

L’ingénieur d’éclairage… n’existe pas... dans le dictionnaire… Ni sa variante anglaise illumination engineer… Travaillant dans ce domaine, j’avoue avoir de la difficulté à concevoir une telle situation ! Me voilà donc reparti dans les recherches.

Illuminating Engineering Society… ça, ça existe ! Que disent-ils donc sur l’ingénieur ? Rien : « L’Illuminating Engineering Society of North America (IESNA), un organisme sans but lucratif, naquit en 1906 en vue d’établir des recommandations scientifiques d’éclairage et promouvoir, à l’avantage de la société, les connaissances sur l’environnement lumineux. Notre mission : l’avancement des connaissances et la diffusion de l’information pour  améliorer l’environnement lumineux au bénéfice de la société. » N’ayant pas eu trop de chance jusqu’ici et puisque le domaine semble avoir deux intervenants, je décide alors de me pencher sur la définition d’ « éclairagiste » :

« Aussi appelé concepteur lumière, éclairagiste désigne le responsable de la mise en place du matériel et des techniques d'éclairage, et de toutes les ambiances lumineuses du spectacle. À l'origine, l'éclairagiste est l'un des métiers du spectacle. […] Le travail de l'éclairagiste est de développer les sens et les émotions voulues par le metteur en scène en utilisant l'art de la lumière. […] Par extension, l'éclairagiste, dans le secteur du bâtiment, s'intègre dans l'équipe de maîtrise d'oeuvre pour amener son expertise en matière d'utilisation du matériel et des techniques d'éclairage. »

Approfondissons encore un peu : le site Web de l’International Association of Lighting Designers offre, en anglais uniquement, une définition du designer professionnel d’éclairage (celui qui dédie exclusivement sa carrière à l’art et à la science de l’éclairage) et comporte des rubriques comme : trouvez un designer d’éclairage membre de l’IALD, les avantages d’un bon éclairage, pourquoi est-il important d’utiliser un designer d’éclairage…

Et enfin, ça y est ! Suite à mes recherches acharnées, me voilà finalement capable d’extrapoler et de vous définir, en avant première pour la francophonie, ce qu’est un ingénieur d’éclairage : une  personne qui assure les fonctions allant de la conception et des études à la responsabilité de la construction et au contrôle des équipements d'une installation permettant d’offrir à un environnement des conditions de luminosité estimées nécessaires pour le déroulement d’une activité, pour l’agrément ou pour la relaxation.

LE DÉCLIC

Comme les cours d’éclairage sont inclus dans un programme d’étude plus général (génie ou architecture), les ingénieurs et les architectes  oeuvrant dans le domaine ne peuvent jamais être acceptés comme designers d’éclairage, car ils ne consacrent pas leur activité exclusivement à l’art et la science de l’éclairage… Cette réflexion (ou dois-je plutôt dire ce sophisme ?) a généré une révélation : j’ai réalisé qu’il nous manquait un vocabulaire commun, un lexique. IESNA possède un glossary (en anglais), tout comme la Commission Internationale d’Éclairage possède l’International Lighting Vocabulary (émis conjointement avec l’International Electrotechnical Commission).

LEXIQUE EN CONSTRUCTION

J’ai appelé le président de l’IES-Montréal, mon grand ami F.-X. Morin. La réponse a été très claire et rapide : IES-Montréal n’a pas de lexique, mais des personnes impliquées dans l’éclairage ont commencé à en créer un, chacun de son côté – comme Peer-Éric Moldvar, qui a un début de lexique sur son site, sous la rubrique LIENS > Éducation (www.eclairagetechno.com). D’après moi, c’est un pas très important à faire : créer un fondement, une base pour la bonne compréhension de l’éclairage, pour la bonne communication entre le créateur d’éclairage, le metteur en oeuvre et le client. C’est un travail qui va demander du temps, de la patience, de la communication, et de l’implication à plusieurs niveaux. Les professeurs, les designers, les ingénieurs, les éditeurs, les clients etc., tous doivent supporter, donner leur opinion et exprimer leurs besoins pour que la démarche converge vers un résultat concret et utile.

Imaginez le jour où personne ne se posera plus de question sur le terme « niveau d’éclairage »… ou encore « niveau d’illumination »… Ou, ne serait-ce pas plutôt « l’éclairement » ? Mais dites-moi : Cela provient-il d’une fixture ou d’un luminaire ?

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